Micky Green ou la blonde voix du blues. Est-ce parce qu'elle est si belle que Micky Green suscite autant d'engouement ? Toujours est-il que le forum était bondé hier, sur les coups de 17 h, pour son concert. Calot noir sur la tête, l'Australienne ressemble à Marilyn Monroe visitant les soldats américains. Même moins plantureuse que la Betty Boop de John Kennedy, Micky Green n'a rien à lui envier. D'autant qu'en plus, elle porte haut une guitare rose et en joue avec brio. La chanteuse-mannequin jongle avec les instruments, lâchant sa six cordes pour la basse, lors de la reprise d'un titre de Simply Red, ou le piano pour une ballade plus langoureuse. La belle sait aussi siffler comme un mec et assurer le spectacle, comme avec sa reprise de « Face », de Georges Mickaël. Mais c'est surtout sa voix qui étonne. Suave et profonde, la blonde pourrait bien être la nouvelle voix du blues. Amy Winehouse n'a qu'à bien se tenir.
Yael Naim, « la la la la la, la la la la... » Quand on écoute Yael, on se dit qu'il y a ce petit côté folk et frais pas inintéressant pour prendre ses aises tranquillement devant la scène de Poulain-Corbion. Piano, guitare, on n'est pas loin du feu de camp. Le soleil irise la ville. La vie et la voix sont douces, les mélodies délassantes. La jeune Israélienne emporte la clape d'un public pour l'heure encore sage. Mais, au fil des mélodies, la prestation se fait un peu monocorde. La voisine de concert, moins politiquement correcte, commence à se demander si ce n'est pas « un peu mou du genou ». Oui, mais Yael possède son arme fatale. Et oui, le bon tube capable de tout faire chavirer. Un seul accord de piano et un mouvement de houle traverse la foule nourrie depuis des mois par les ondes radio à coup de « New Soul ». Elle va même resservir la mélodie jusqu'à l'envi. Quand on aime, on ne compte pas. « I'm a new soul, I came to this strange world... » et bien sûr le refrain, « la la la la la, la la la la, la la la la la la la la. »
Camille la diablesse a la voix chevillée au corps. Il y a des boxeurs qui pénètrent sur le ring, drapés d'un peignoir, capuche sur la tête. C'est un peu comme cela que Camille entre en scène. Comme une sportive prête à livrer un match. Elle se lance a capella. La demoiselle n'a pas peur de montrer sa voix toute nue, rapidement enveloppée de percussions corporelles et de voix éparses. On la sent passionnée par le travail vocal. Et son orchestre n'est pas commun. Chez elle, la voix est un instrument, les corps sont une caisse de résonance. Et cela donne une performance scénique au fil d'un concert où la prêtresse se fait de plus en plus diablotine. Il y a quelque chose de tribal dans ce show-là qui va jusqu'à transformer les 6 000 spectateurs en un gargantuesque instrument de percussion. Camille, c'est à elle seule un laboratoire de la voix, du bruit, du son et de la mélodie. Si la chanteuse paraît au final plus envoûtée qu'envoûtante, elle force le respect du travail bien fait.