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En trois jours, une vingtaine d'artistes ont coloré les murs de la DDJS de leurs graffitis. La fresque qui date de 2006 est restée en très bon état. « Evitez d'être trop agressif »
Bertrand fait alors appel à une vingtaine d'amis : des graffeurs confirmés âgés de 20 à 35 ans. Seul hic, l'inauguration des locaux doit avoir lieu une semaine après. En trois jours, le tour est joué. Grimpés sur des échafaudages, les artistes esquissent, bombes en main, une peinture surréaliste sur « le sport street ». Au centre : une scène de rue new-yorkaise avec en premier plan un personnage au look hip-hop, entouré de part et d'autre de basketteurs.
« La DDJS ne nous avait pas imposé de consigne particulière », mais un fil rouge : le sport et, un conseil : « Evitez d'être trop agressif ». Dans les règles de l'art, « chacun a composé suivant son instinct au fil de son imagination, souligne Bertrand avant de préciser, dans le milieu du graffiti, il n'y a pas de règle ».
Un projet difficile à gérer
A l'époque, le jeune graffeur enfilait la casquette d'inspecteur des travaux. Il se souvient de la difficulté à orchestrer le projet et à canaliser ses troupes venues des quatre coins de la France. « La commande a été rapide. Par conséquent, le projet n'était pas cadré et nous avons dû composer avec les moyens du bord. Lorsque nous travaillons à vingt sur un graff, il est difficile d'accorder tous les violons », confie le Bertrand. Seul regret : l'oeuvre n'est pas totalement aboutie selon l'artiste. Chaque graffeur a apposé sa griffe sur le mur, mais « nous n'avons pas eu le temps de connecter tous les graffitis pour obtenir un ensemble homogène »
Peu importe, la DDJS a aimé. Et Bertrand défend la démarche artistique : « Avec la reconnaissance de notre art, on est obligé de s'adapter à des demandes et suivre nos projets à la lettre. Or, le graff c'est l'art de l'improvisation ».
Sarah CAILLAUD.
Pratique. Association Graffitiroïde, tél. 06 08 04 14 04.