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Actualité Saint-Brieuc

vendredi 15 août 2008

Un graffiti new-yorkais sur un mur rue de Paris

En trois jours, une vingtaine d'artistes ont coloré les murs de la DDJS de leurs graffitis. La fresque qui date de 2006 est restée en très bon état.  En trois jours, une vingtaine d'artistes ont coloré les murs de la DDJS de leurs graffitis. La fresque qui date de 2006 est restée en très bon état.

Une ville en trompe-l'oeil. Bombes en main, Bertrand et ses graffeurs ont peint les locaux de Jeunesse et Sports... et sorti leur art de l'ombre.

« Disposer d'un mur de cette taille est formidable pour un graffeur ». Bertrand Keravis, un Langueusien de 29 ans, est un jeune garçon fou de tag. Il a fait ses premiers graffs sur des murs de Saint-Brieuc à l'âge de 17 ans. En 2003, il a même créé une association, Graffitiroïde. Comme son nom l'indique, elle promeut les arts de rue et la culture locale. Une initiative reconnue dans l'agglomération. La preuve : en 2006, la Direction départementale de la jeunesse et des sports (DDJS) à Saint-Brieuc le sollicite pour égayer ses nouveaux locaux, situés 34, rue de Paris. En l'occurrence une façade grise de 300 m2.

« Evitez d'être trop agressif »

Bertrand fait alors appel à une vingtaine d'amis : des graffeurs confirmés âgés de 20 à 35 ans. Seul hic, l'inauguration des locaux doit avoir lieu une semaine après. En trois jours, le tour est joué. Grimpés sur des échafaudages, les artistes esquissent, bombes en main, une peinture surréaliste sur « le sport street ». Au centre : une scène de rue new-yorkaise avec en premier plan un personnage au look hip-hop, entouré de part et d'autre de basketteurs.

« La DDJS ne nous avait pas imposé de consigne particulière », mais un fil rouge : le sport et, un conseil : « Evitez d'être trop agressif ». Dans les règles de l'art, « chacun a composé suivant son instinct au fil de son imagination, souligne Bertrand avant de préciser, dans le milieu du graffiti, il n'y a pas de règle ».

Un projet difficile à gérer

A l'époque, le jeune graffeur enfilait la casquette d'inspecteur des travaux. Il se souvient de la difficulté à orchestrer le projet et à canaliser ses troupes venues des quatre coins de la France. « La commande a été rapide. Par conséquent, le projet n'était pas cadré et nous avons dû composer avec les moyens du bord. Lorsque nous travaillons à vingt sur un graff, il est difficile d'accorder tous les violons », confie le Bertrand. Seul regret : l'oeuvre n'est pas totalement aboutie selon l'artiste. Chaque graffeur a apposé sa griffe sur le mur, mais « nous n'avons pas eu le temps de connecter tous les graffitis pour obtenir un ensemble homogène »

Peu importe, la DDJS a aimé. Et Bertrand défend la démarche artistique : « Avec la reconnaissance de notre art, on est obligé de s'adapter à des demandes et suivre nos projets à la lettre. Or, le graff c'est l'art de l'improvisation ».

Sarah CAILLAUD.

Pratique. Association Graffitiroïde, tél. 06 08 04 14 04.

Ouest-France

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